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2. "Sior Maschera" :
Ainsi, dans la vieille langue vénitienne, désignait-on le
carnavalier non seulement masqué mais encore déguisé et enveloppé
de la "bauta", la grande cape noire du Carnaval. Figure d'une commedia dell'arte moderne
(mais vieille comme le monde), Vincent Roux est tout un Carnaval en un seul homme. Il tient de
Frégoli, l'acteur aux mille et une métamorphoses. Il tient de Pierre Loti,
l'Académicien navigateur qui posa dans tous les costumes de la terre, le nu
intégral compris. Et s'il se campe en Arlequin, ce n'est pas sans s'orner à l'occasion
d'un rouge nez de clown.
Comme pour nous dire, calembour visuel à l'appui, que sa grande
affaire est le clonage. Ses travestissements de bals costumés, vivantes et
éphémères œuvres d'art, sont en effet autant de dédoublements, de
détriplements, de démultiplications en cascade de la part la plus ludique, la
plus conviviale, la plus extravertie de son ego.
Ces auto clonages qui s'allumaient les uns
aux autres comme les fusées d'un feu d'artifice lui permettaient de s'échapper
à lui-même en se créant sans cesse de nouveaux alias plus époustouflants
les uns que les autres. Jeu bien compliqué. Règle très simple :
"Je est un autre".
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