6. Portraitiste.
Bien sûr, il y avait eu Van Dongen, son aîné d'un
demi-siècle, que d'ailleurs il s'amusa souvent à pasticher. Bien sûr,
le "peintre mondain" suscite depuis toujours (parce qu'il gagne bien sa vie, lui !) une jalousie
qui occulte son talent. Mais qui pourrait reprocher à Vincent Roux d'avoir pratiqué
un genre pictural auquel (sans remonter aux maîtres anciens) ne répugnèrent
ni Renoir ni Whistler, ni Vuillard ni Klimt, ni Balthus ni Bacon ?
Vincent était attiré par les BRC ("beaux, riches, célèbres"), et son
péché mignon fut le snobisme. Mais celui-ci se teintait chez lui, en catimini,
d'une tonique ironie proustienne. Et, dans la faune très huppée au milieu de
laquelle il vivait comme poisson dans l'eau, il faisait son tri, fréquentant les
"incontournables" parce qu'il le fallait bien, et réservant l'amitié pour les
"happy few" - ne citons que des prénoms féminins : Hélène et Micha,
Éliette, Alice, Marinette, Carole, Christiane, Annie…
Familier des altesses et des stars de toutes sortes, il leur tira le portrait avec jubilation.
Sans doute tout n'est-il pas à retenir dans ces œuvres dont le brio, parfois,
n'était que brio. Pourtant, quel musée on ferait si l'artiste avait gardé
une "repro" de chacune des effigies qu'il brossa et tout aussitôt vendit ! Il nous
faudrait, en France, une National Portrait Gallery. Comme au musée de Toulon lors d'une
expo mémorable, on pourrait y reconstituer certains des ateliers ou des logis que notre
Van Dyck des années 60-80 conçut non pas comme des bonbonnières pour fredaines,
mais comme des écrins où enchâsser celles et ceux qu'il se proposait de croquer.
En les adonisant...