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11. Fin de partie.
Quelques mots seulement sur les années noires. Elles
s'annoncèrent en 1981 avec un premier infarctus, qu'un second suivit presqu'aussitôt.
Le Destin hésitait encore mais, précédé par un mélanome,
le cancer des os survint en 1989. Les mois qui suivirent, jusqu'au mois ultime, juin 1991, ne
furent qu'une longue torture. Le martyre qu'il vivait dans sa chair rapprochait l'artiste de ce
saint Sébastien qu'il avait si souvent dessiné. Avec pudeur, il nous a donné
une idée de ses souffrances en enregistrant la trace qu'elles laissaient sur son visage
émacié, dévoré par les yeux bleus inaltérés -
pathétiques auto- portraits de celui qui, au meilleur sens du terme, avait été
un dandy.
La foi chrétienne, qui ne l'avait jamais abandonné, et qui s'était
revivifiée en lui dans les années 80, l'aida puissamment à ne pas
se laisser aller au désespoir et le soutint dans les derniers moments. Quand il mourra,
à soixante-deux ans et sept mois, Sior Maschera sera un défunt relativement jeune.
Qui, six décennies durant, avait mordu dans la vie à belles dents, en savourant
tous les sucs.
Son testament laissait des dons fort importants à des œuvres caritatives (cancer, sida)
et au service de cardiologie de l'Hôpital de Saint-Tropez.
Il fit en sorte qu'un musée gardât trace de son œuvre et que l'on érigeât
non loin du village une chapelle dédiée à la Vierge.
Et aussi à saint Vincent - son saint patron, ainsi que celui des vignerons. J-M R
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