Hélène CARAL DE MONTETY

Samedi 19 septembre 1998, à Saint-Tropez, Vincent Roux rendait visite à Vincent Roux...
Mort depuis plus de sept ans (8 juin 1991), il était néanmoins présent dans tous les coeurs. Et d'abord en ce haut lieu des fastes tropéziens, l'Hôtel Byblos, dont il avait, au fil des décennies, vécu les heures les plus éblouissantes. Là, devant un public nombreux et choisi, sa vie et son œuvre furent
évoqués avec émotion et brio par son ami l'écrivain, journaliste et plasticien Jean-Michel Royer. Merci à celui-ci d'avoir repris ici, sinon l'intégralité de ses propos (il y faudrait un petit bouquin !), du moins leur « substantifique moelle ».


Un peu plus tard dans la journée, Vincent se retrouvait chez lui, place de la Garonne, en ce bel hôtel particulier du marquis de Roquebrune qui est aujourd'hui « Ambassade du Tourisme », mais où il eut longtemps son logis et son atelier-galerie. Là, avec le concours de notre association, l'Association Musée Vincent Roux, présidée par Francis Jacquemin-Sénéquier, présentait une exposition-hommage rassemblant un choix très qualitatif de toiles tirées du riche « fond d'atelier » laissé par notre ami

disparu. Toiles datant presque toutes des dernières années de sa vie, et dont beaucoup avaient précisément été conçues et peintes dans les lieux même où, pour quelques jours, elles étaient soudain de retour ...
Ce sentiment que la vie s'est arrêtée, beaucoup l'ont éprouvé lors du vernissage.
L'invité vedette n'en fut-il pas le gentil chien Borromée, qui partagea les dernières années de la vie de Vincent et qui figure sur l'un de ses tableaux les plus émouvants - l'une des révélations de l'exposition ? Représentant dignement son défunt maître, « Borro » ne se priva pas, durant la réception, de quelques menues facéties ...
Ce même sentiment du temps perdu soudain retrouvé, d'autres l'ont éprouvé en visitant ou revisitant l'exposition pendant
la dernière décade de septembre. Pélerins du souvenir, ils y furent accueilis non seulement par Catherine Jacquemin-Sénéquier et par sa jeune et chaleureus équipe, mais encore par le Patron même de la ville : ce chevalier Torpès dont la barque, portée par les flots, amena jadis, depuis l'Italie jusqu'aux rives de Pampelonne, le corps martyrisé de ce lui qui allait devenir Saint-Tropez.

Un périple initiatique que Vincent refit par la pensée bien plus souvent qu'à son tour, une planche à voile par lui somptueusement historiée en témoigne avec éclat - transportée dans le jardin du marquis de Roquebrune, sa voile tremblait dans le vent telle la flamme du souvenir.
« Vous verrez avec lui comment il est encore possible, à notre époque destructrice, de peindre des

êtres beaux et des choses belles, et d'aimer la vie pour ce qu'elle est au grand soleil du coeur », écrivait en 1971 le galeriste Emmanuel David aux amateurs et collectionneurs parisiens qu'il conviait à découvrir Vincent en sa célèbre galerie de l'avenue Matignon.
En grand nombre, amateurs et collectionneurs entendirent l'appel. Par delà les années, ils l'entendent
toujours. Leur voeu à tous, nous avons pu le vérifier une fois de plus, est qu'un catalogue raisonné de l'oeuvre de Vincent Roux leur soit bientôt proposé. Nous y oeuvrons. Mais, en dépit de nos efforts, la localisation actuelle de beaucoup de tableaux et dessins nous reste inconnue. Si vous êtes vous-même concernés, ou si vous disposez de renseignements que vous pourriez nous communiquer, aidez-nous ! Et de toute façon, si vous ne l'avez pas fait encore, entrez en contact avec notre association.
À bientôt, donc ...

 

Hélène CARAL DE MONTETY

Présidente de l'APPOVR