Maurice BERNARD

Quand fut close l'exposition "Vincent Roux et la Provence" présentée par le Musée du Vieil Aix pendant l'été 1999, on ne put que constater son exceptionnel succès, plus marqué encore que celui de l'évocation du Cours Mirabeau, dans le même lieu, l'année précédente.


Il est vrai que, en 1985, lorsque le peintre avait lui même choisi d 'exposer au Musée du Vieil Aix ses "Impressions d'automne sur Sainte-Victoire", l'affluence avait déjà été considérable.
Que le même artiste, entre temps disparu, ait suscité un engouement semblable, ne doit pas surprendre.
En vérité, cette exposition, construite par "l'Association pour la promotion de I'Oeuvre de Vincent Roux", ne cachait pas l'intention qui la sous-tendait. S'il s'agissait, bien sûr, de montrer de nouveau les peintures ou dessins par lesquels l'artiste avait exprimé son appartenance et sa fidélité à la Provence, on avait voulu aussi, par un plus ample mouvement du souvenir, retrouver l'homme même.


Ainsi fut-il rappelé qu'il avait été, à son heure, affichiste ; qu'il avait dessiné pour l'opéra de Marseille les décors et costumes d'un "Barbier de Seville" dont les maquettes, annotées de sa main, surprirent bien des visiteurs par la fantaisie, le raffinement, la perfection des détails. Enfin, le personnage de Vincent Roux était présent, par son saisissant autoportrait, bien sûr ; aussi par des photographies de rencontres ou d'événements ; voire par l'image de son intérieur aixois qu'il avait décoré de tout son talent et de toute sa compétence (n'avait-il pas reçu une Formation d'ensemblier-décorateur ?).

On l'a compris: le Musée du Vieil Aix, voué à la mémoire de la ville et de son terroir, s'était, en la circonstance, tourné vers son propre passé.


Ce n'était pas faillir à son rôle. Soulignons seulement que cette exposition, si elle n'avait pas l'objective froideur que requiert l'Histoire, si elle n'était pas constituée, comme il est courant, d'un ensemble d’œuvres sur un sujet donné, voulait être, essentiellement, un hommage. Sans doute cette part d'affectivité a-t-elle été comprise du public qui, par sa fréquentation, semble bien y avoir adhéré.

Maurice BERNARD

Président de l'Association du Vieil Aix